Les bleus éliminés en demi-finale
Publié le Samedi 17 juillet 2010 à 14:06 par
Les Bleus ont été sévèrement battus par la Suisse lors de Mondiaux de Beroun en demi-finale. Une défaite 7-0 qui fait mal, tant par le score que par la déception terrible qu’elle induit. Il faudra aux Français des ressources de costauds pour aller chercher le bronze samedi soir contre la République tchèque, également vaincue à plates coutures par les Etats-Unis, 8-3.
Vous lisez actuellement un communiqué de presse envoyé par le Comité National RILH.
« On a réalisé une performance historique, c’est vrai. Mais si on se fait éliminer en demi-finale, ça restera un Mondial décevant. » Ces propos sont ceux de Bernard Seguy après la victoire de la France lors du tour préliminaire, 2-1 contre les Etats-Unis. Nul doute que le coach français aurait préféré y voir moins juste dans ses prédictions… Malheureusement, le sport à ce niveau d’excellence ne laisse aucune place au doute et laisse grande ouverte la porte aux détails. Des détails, la Suisse n’en a fait aucun. Parfaitement regroupés devant Mike Shocker, les Helvètes ont joué tous leurs coups sur des contres réglés comme du papier à musique. Mais aussi encore une fois sur une efficacité terrible en supériorité numérique, à l’image du premier but de Dominic Brauchli qui fut la copie conforme du tout premier but marqué par ses mêmes Suisses lors du match de phase préliminaire entre les deux nations.
Trop heureux de voir la France absente, les Suisses ont été patients, attentifs et rigoureux défensivement. Attendant la moindre erreur des Bleus pour aller déjouer Hugo Rebuffet puis Terry Lefranc. C’est terrible à dire, mais le constat est simple, la France a oublié de jouer comme elle sait le faire. Les phases rapides étaient immédiatement annihilées par la défensive suisse. Les positions de lancés étaient beaucoup trop excentrées pour s’avérer dangereuses… Mais il reste un sentiment quasi paranormal de cette confrontation. Cette idée récurrente qui laisse à penser que les Tricolores auraient pu jouer durant cinq heures, ils n’auraient jamais réussi à trouver l’ouverture.
Dans le même temps, les horlogers suisses, parfaitement synchronisés ont eux connu une réussite presque insultante. On dit bien presque car nos voisins n’ont en aucun cas voler cette victoire. Ils ont même été jusqu’à ne pas encaisser de but et sans prendre aucune pénalité de surcroît. Ce que les Français ont fait de leur côté en allant s’asseoir six fois sur le banc des punition car trop souvent en retard sur le porteur comme en témoignent les quatre pénalités pour cinglage.
Mais comme à toute chose malheur est bon, les Bleus ont pu vite voir qu’ils n’avaient pas été les seuls à vivre une soirée de cauchemar. Les Tchèques, dans une patinoire de Beroun pleine comme un œuf ont appris ce que jouer au roller hockey voulait réellement dire lorsque l’on s’appelle Jonathan Mosenson, Gregg Thompson ou Junior Cadiz. Les Etats-Unis ont livré une démonstration aux organisateurs du tournoi en l’emportant 8-3 après avoir mené 5-1 au terme de la première période. Ce ne fut pas faute pour les Tchèques de tenter mais Mike Urbano dans les buts américains a mis les choses au clair. Le gardien des hommes de Charles Thuss a été exceptionnel sur sa ligne. Pas spectaculaire, mais terriblement efficace. Dans le même temps Travis Fudge et Pete Messina pour ne citer qu’eux ont été de leur côté parfaits devant la cage d’un Roman Handl aux abonnés absents.
C’est donc face aux Tchèques que les Bleus devront jouer la médaille de bronze samedi à 16h. Deux équipes blessées, humiliées et qui auront à cœur, évidemment, de monter sur la dernière marche du podium devant les caméras de la télévision nationale tchèque. Pour revenir de Beroun avec une médaille, il faudra monter sur le champ de bataille sabre au clair dès la première seconde, et jusqu’à la dernière.
Feuille de match
A Beroun, la Suisse bat la France 7-0 (3-0, 4-0)
Arbitres : MM. Miller (USA) et Rozlilek (TCH)
Spectateurs : 750
Buts pour la Suisse : 1’49 Brauchli (Ulrich), 7’48 Schwarzenbach (Hirt), 15’50 Schwarzenbach, 23’12 Schwarzenbach (Walker), 28’25 Schwarzenbach (Diener), 30’47 Hirt (Walker), 39’08 Walker (Schwarzenbach)
Pénalités : aucune contre la Suisse, 12’ contre la France
Les réactions
Bernard Seguy (coach de la France) : « C’est terriblement sévère. J’avoue que prendre 7-0 en demi-finale des championnats du monde ça fait vraiment très mal. L’équipe suisse a joué parfaitement le coup, avec beaucoup plus de puissance que nous, plus d’opportunisme. Nous, nous n’avons pas joué alors que les joueurs avaient annoncé eux-mêmes ce qu’ils devaient faire. On peut dire que la Suisse a eu de la chance à plusieurs reprises, mais la chance à ce niveau là , un niveau international, ça n’arrive jamais par hasard. On n’a jamais été dangereux. On va désormais affronter une formation tchèque qui s’est faite humilier devant son public et j’espère que nos garçons seront prêts parce que je suis certain que nos adversaires le seront parfaitement. »
Benoît Ladonne (attaquant de la France) : « On aurait jouer trois heures et ça n’aurait rien changé. On n’avait aucun rythme. Je ne suis pas sûr finalement que ç’ait été une bonne chose de jouer la Colombie et l’Allemagne après avoir battu les Etats-Unis. On est descendu en pression au lieu de monter comme l’ont par exemple fait les Suisses. Egalement, on pensait ne pas être fatigués mais on a puisé dans nos ressources, on n’a pas eu la même solidarité que d’habitude, celle qui est censée faire notre force. On n’a pas été des guerriers. On n’avait pas confiance en ce que nous faisions, on a joué avec la boule au ventre durant toute la partie et plus ça allait, pire c’était. La troisième place va être très dure à aller chercher, pas mal de joueurs sont très marqués par cette défaite, à juste titre. Maintenant, il ne faut pas oublier pourquoi on est là et ce qu’on représente. »
Geoffroy Tijou (défenseur et capitaine de la France) : « Les Suisses ont été bien meilleurs que nous, ils nous ont dominé sur tous les fronts, physiquement en premier lieu. C’est une formation qui sait parfaitement casser le rythme de son adversaire et qui se construit défensivement. On a du mal à jouer ces équipes là . Ils ont des joueurs de très grand talent devant et on l’a très bien vu. Perdre 7-0, oui, c’est dur, mais je ne suis pas sûr que ce soit pire que de perdre dans les tous derniers instants du match. Les garçons qui dans notre vestiaire ont déjà vécu ce genre de situations savent l’importance que cela aura de tourner la page immédiatement. Il ne faut plus y penser. La médaille de bronze opposé toujours des équipes déçues et c’est celle qui la veut le plus qui la remporte. »
Christian Witwwer (coach de la Suisse) : « La première chose que je veux absolument souligner est que l’équipe de France n’est pas une équipe qui mérite de subir une telle défaite. C’est une grande nation du roller hockey mondiale, tout le monde redoute de les croiser lors des championnats du monde. Mais il y arrive que le palet tourne pour vous et que tout ce que vous fassiez soit une réussite, parfois à des niveaux presque incroyable. Ce fut le cas ce soir et je pense que la France n’a pas eu la possibilité de s’exprimer comme elle aurait dû le faire. Maintenant, j’ajoute également que je suis très fier de mes garçons, ils ont été exactement comme j’attendais qu’ils soient. »
Julian Walker (attaquant de la Suisse) : « J’ai le sentiment que nous avons joué de façon plus intelligente que la France et également avec beaucoup plus d’opportunisme. L’esprit d’équipe de notre groupe n’avait vraiment rien à voir avec notre première confrontation de la semaine. Nous avons rapidement mené au score encore une fois mais cette fois nous n’avons pas fait l’erreur de nous faire reprendre. Il y a des soirs où la réussite est dans votre camp, quoi que vous fassiez, je vous avoue que je suis plutôt content que ce soit tombé sur nous. Mais je rends hommage au Français pour leur tournoi et je leur souhaite de gagner la médaille de bronze. »


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