Développons les jeunesses ?
Publié le Vendredi 14 mars 2008 à 1:11 par Thomas Sidoine
Il ne fait aucun doute, pour nous tous, que l’avenir de notre sport, de nos clubs, passe nécessairement par le développement des jeunesses. Le CNRILH n’en a-t-il pas fait une de ses priorités ? Les questions suivantes semblent sans appel : comment un club peut-il vivre sans renouvellement ? Comment peut il vivre sans compenser les “départs à la retraite” des plus anciens qui arrêtent de pratiquer ? Comment gagner des licenciés si ce n’est en étoffant ses effectifs jeunesses, face à des équipes séniors dont l’effectif est souvent complet ?
Je souhaiterais ici prendre le contre pied de cette vision, ou du moins adopter un point de vue légèrement différent. Entendons nous: jamais je ne dirai, “laissez tomber les jeunesses”. Ça n’aurait aucun sens. Cependant, je pense qu’un autre axe de développement, historique, fondateur même, est - à tort - complètement négligé par nos dirigeants actuels, plus par “oubli” que par réelle volonté. Cet axe n’est autre que les “loisirs”. Je mets des guillemets car il me semble évident que beaucoup de “loisirs” ont une volonté de faire des matchs, donc de la compétition. Mais sans pour autant viser l’équipe de France et sans autre prétention que de s’amuser entre amis.
Je dis fondateur, car la seule réponse honnête à la question “D’où venons nous ?” est : de la rue, où des mecs qui jouaient au hockey sur glace se sont mis à pratiquer notre sport de manière plus libre, sans contrainte d’horaire ou d’entraineur, bref, sans contrainte de compétition. Mon point est de dire aujourd’hui, le créneau “loisir” est à prendre. Nous pouvons donner à ces gens là, ceux qui ne cherchent pas la performance à tout prix, ce qu’ils ne peuvent trouver, ou difficilement, au hockey sur glace par exemple. Les créneaux de gymnase sont certes rationnés, mais plus extensibles que les créneaux de patinoire. On peut faire du loisir au roller hockey le jeudi soir à 20h30. Et non pas le dimanche de 22h00 à 23h30, comme c’est souvent le cas en glace. Mieux, nos valeurs (le jour où on en aura), pourraient être parfaitement adaptées à la pratique du loisir. Notre sport est sans (trop) de contact, fait de rapidité et de technique. La force physique brute n’est pas un gage de réussite, ce n’est pas une condition suffisante.
A l’heure où notre sport vit difficilement, force est de le reconnaître, dans le marché des sports pour jeunes (avec le foot, le tennis, le rugby, le hockey sur glace,…), n’avons nous pas une opportunité formidable de poursuivre notre développement sur notre “savoir faire” historique ? Il ne faut pas oublier que relativement souvent, dans pas mal de clubs de hockey sur glace, les juniors arrêtent à 20 ans faute de place en équipe première… Ne pourrait-on pas essayer de les “récupérer” comme nous l’avons fait depuis toujours ? Mais de les récupérer “activement”, c’est à dire comme aboutissement de notre stratégie de développement ?
Depuis trop longtemps, le peu de moyens qu’on a obtenu a été misé sur la compétition, sur les Equipes de France. Or, si les Equipes de France sont un bon moyen d’exister aux yeux du ministère, en aucun cas elles ne sont ou n’ont été un quelconque moteur de notre développement. Je ne dis pas qu’il faut arrêter les Equipes de France, bien entendu. Mais peut être créer un rééquilibrage entre la compétition et le loisir. Arrêter de tout miser (moyens humains et/ou financiers) sur des équipes qui font à peine rêver les jeunes et dont le rayonnement ne dépasse pas un disque de 500 mètres autour du CREPS de Mâcon. Et dont les loisirs se foutent royalement.
Pour tenter d’augmenter le développement des loisirs, les actions à mettre en œuvre ne seraient pas forcément insurmontables. Un véritable championnat devrait être mis en place pour la dernière division. De manière libre et sans contrainte. Autoarbitrage (voire pas d’arbitre, ce qui serait un bon coup de pub ?), pas de forfait, peu ou pas de frais, mixité totale, triple surclassement, pas de terrain obligatoire, que sais-je encore ? Le championnat se voudrait régional en priorité, mais pourquoi ne pas envoyer les “meilleurs” (ou les plus motivés) faire un tournoi final quelque part en France? Avec une vraie organisation qui pourrait par exemple donner envie à certains de tester le niveau plus “compétition” ?
L’idée serait de viser les équipes étudiantes (qui sont les décideurs de demain, et qui souvent découvrent un nouveau sport avec leurs études), les équipes UFOLEP, les parents de joueurs, … Valoriser ces gens là qui “sont” aujourd’hui une partie du roller hockey dans les faits mais pas dans les chiffres.
En conclusion, développer certes les jeunes mais surtout AUSSI les loisirs (jeunes et moins jeunes). Histoire de ne pas renier notre passé, et de construire notre avenir.




J’adhère aussi complètement à cette vision des choses, car les meilleurs moments que nous avons passé avec nos mômes, ce sont les année où nos mômes jouaient dans la rue.
Nous en avons un sport à part entière, avec des règles, des règlements, des obligations, des championnats et vainqueurs et des vaincus, de la tricherie, des pénalités etc…et nous avons perdu de vue que le sport n’était qu’un jeu.
J’ai eu le même discours dans ma ligue, pas plus tard que la semaine dernière…
Nous devons revenir à des tournois “de sixte” où tout le monde peut s’engager licenciés, pas licenciés et avoir une démarche fédérale.
“Ce jeu se joue aussi en compétition nationale”
Ce genre de “tournoi” peut nous amener la quantité à nous ensuite de retenir tous ces jeunes en travaillant sur des projets de développement du sport vers la jeunesse.
Je crois que les 2 discours ne sont antinomiques mais se complètent :
Un travail à la source en acceuillant tout le monde,en trouvant les moyens et les arguments pour les conserver dans nos effectifs, et améliorant nos championnats, notre organisation.
G.SABBAH
A l’époque, il y avait un fabricant de matériel (rollerblade) qui sponsorisait le tout… Et, à l’échelle d’une boite, ca devait pas lui couter trop cher…
Bonjour,
Un championnat loisir existe deja avec mixité dans la region idf mais c’est hors fédé et ca marche super bien.
julien
C’est tout justement la problématique du dossier.
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Pourquoi est-ce qu’il se développe des championnats loisir hors cadre de la fédération. C’est un manque à “gagner” pour le développement du Roller Hockey en général.
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Aujourd’hui, être affilié à la fédération pour jouer en loisir c’est plus une contrainte qu’autre chose : il te faut payer des licences, des inscriptions et en plus les règles du jeu et administratives ne sont pas adaptées (comme la mixité par exemple car c’est là, il me semble, que la demande doit être la plus forte).
Des regles il en faut un minimum quand meme sinon c’est un grand n’importe quoi. Des licenses ils en payent indirectement car ils doivent quand meme etre ratachés à une assurance, je crois.
La mixité c’est important je pense maintenant car on a beaucoup de demande de jeunes femmes ou de jeunes filles qui ne veulent pas aller s’entrainer à des lieux trop éloignés.
julien
Tous les joueurs qui jouent dans ces championnats loisirs comme le CLRH ne sont pas tous licenciés.
Je pense comme toi, il faut un minimum de règle. Mais pas les mêmes que celles de la Ligue Elite par exemple.
Et aujourd’hui, en passant par la fédération, il ne peut pas y avoir de championnats organisés avec la mixité. L’assurance ne marcherait pas … Il faut que ce soit un match “d’entraînement”.
oki… Comment faire alors?
La mixité c’est l’avenir de notre sport. La mixité c’est ouvert sur l’avenir et la preuve que nous ne sommes pas un sport de bourrin comme le hockey sur glace. Cela nous offre une visibilité médiatique et une différenciation avec la glace.