Interview de Boris Darlet
Publié le Lundi 15 octobre 2007 à 14:16 par
Boris Darlet a bien voulu répondre aux questions de la rédaction pour une interview. Elu au Conseil d’Administration de la FFRS et au Comité National RILH, il nous parle de sa vision du développement et de la communication … deux sujets primordiaux pour l’avenir de notre sport.
Peux-tu te présenter ?
Bonjour, je suis Boris Darlet. J’ai 33 ans, j’habite Paris et je suis membre du comité national RILH depuis 2006. Je suis aussi un ancien joueur de RILH qui a évolué à Tours, Paris XIII et Villeneuve.
Quels sont tes différents rôles de dirigeants dans le monde du roller ?
Je suis en charge de la commission développement du CNRILH, que j’ai créée en 2006. J’ai accepté en juin 2007 de reprendre la présidence de la commission communication et partenariats de la fédération.
Pourquoi avoir voulu intégrer le Conseil d’Administration ?
Ma jeunesse a été très imprégnée par le sport et ses valeurs. Ma pratique sportive m’a beaucoup appris, elle m’a permis d’évoluer et de m’épanouir.
Aujourd’hui, j’ai l’impression que ce sport, en France, a besoin de s’adapter à une société qui a vraiment changé. J’avais envie d’être actif sur cette dimension : c’est, pour moi, rendre un peu au sport ce qu’il m’a appris.
C’est dans ce sens que j’ai accepté la mission que Nicolas Belloir m’a proposée et le CA nous a donné sa confiance. Je voudrais vraiment apporter à l’ensemble des disciplines des idées et projets utiles pour notre évolution commune.
Et qui compose cette commission ?
La commission est composée de tous les responsables de communication des différentes disciplines. Nous faisons notre premier point le 10 novembre. Thierry Cadet, qui est détaché de la DTN pour les questions de communication, travaille à plein temps sur la mise en place des projets, c’est notre personne-ressource. Ponctuellement, des compétences seront sollicitées. Par exemple, Astrid Morel travaille sur les relations presse. C’est son métier et sa compétence est très appréciée.
Peux-tu définir ton action au niveau de cette commission ?
L’action de fond qui me tient à cœur, c’est celle de l’identité. En effet, quand nous disons le mot « roller » quelle histoire racontons-nous ?
Cette question est complexe car elle peut avoir une réponse très technique dans chaque discipline, mais aussi une réponse générale, grand public au niveau de la fédération et de notre mouvement sportif. L’inverse est tout aussi vrai, quand la fédération se doit de communiquer sur des aspects très techniques et quand la discipline sportive communique plus « largement » dans une volonté de toucher le plus grand nombre.
Ces notions de « large » et « d’étroit » sont des notions qui évoluent en complémentarité au niveau de la sphère de la communication. C’est cette complémentarité que nous allons construire, avec l’aide des responsables de communication de chaque discipline. Il faudra l’implication de tous pour cette tâche.
Mais quels seront concrètement les projets qui vont dans ce sens ?
Je reprends des projets existants comme les sites Internet et la mise en place du module de résultats, mais aussi de nouveaux projets comme une banque d’images pour réaliser un film institutionnel présentant les différents sports.
Nous avons déjà mis en place un partenariat entre le CNOSF et Orange TV pour la diffusion de reportages sur nos sports. Ce projet est très intéressant car il nous permet de capitaliser une « banque d’images » professionnelle, produite par des personnes dont le métier est l’adaptation de reportages sportifs pour le grand public. Ce partenariat nous offre une autonomie dans l’utilisation future de ces images.
Nous discutons également en ce moment, avec Daily Motion, de la mise en place d’un espace de diffusion de vidéos sur Internet, dédié à la FFRS. Nous allons en reparler prochainement.
La partie presse n’est pas oubliée. Nous allons travailler notre fichier de contacts avec deux cibles qui sont définies : les médias habitués à diffuser les informations sportives, qui ont un cycle de décision très court et visent plutôt un public de « spécialistes » ; les médias plutôt grand public, qui traitent de sujets larges, avec des cycles de décision qui sont longs. Là aussi, nous allons rechercher la complémentarité.
Nous allons réaliser le dossier de presse de la Fédération et transmettre un savoir-faire aux comités pour leur permettre de définir leur propre dossier de presse, avec le soutien d’une personne-ressource à la fédération.
La commission va rejoindre l’événement des 24h du Mans en roller. Pour l’édition 2008, nous devrions travailler plus en partenariat avec les organisateurs et participer différemment à l’animation générale. Cet événement reste, cette année encore, un événement institutionnel majeur pour notre fédération.
Quels plus peuvent apporter ces actions pour le roller hockey ?
Je crois qu’au RILH il y a la question de l’identité qui n’est pas réglée. Un grand nombre de réponses devrait être trouvées dans cette réflexion générale.
La médiatisation est aussi très attendue. De manière égalitaire avec les autres disciplines, le RILH profitera des projets mis en place par la commission au niveau d’Orange Sport.
D’une manière plus immédiate, les outils communs tels que le site web, la base de données de contacts ou encore l’emailing devraient apporter un plus à la communication du CNRILH.
Tu es au niveau du comité national RILH chargé de la commission développement. Quels sont les axes de développement sur lesquels tu travailles ?
J’ai créé cette commission car j’avais envie de travailler sur des sujets de fond, pour prendre du recul. J’essaie d’intégrer des gens à cette démarche mais j’ai pris conscience qu’elle n’est pas assez concrète, pas suffisamment inscrite dans l’ici et maintenant. C’est donc relativement long pour se faire entendre à ce niveau. Mais cette commission, c’est aussi une nouveauté pour notre sport !
Pour les projets, il y a d’abord eu l’enquête auprès des clubs. Cet outil n’avait pas d’équivalent au sein de la FFRS à l’époque, c’est la première fois que nous devions appréhender ce type d’information. Le document présenté à l’AG sera prochainement en téléchargement et nous allons en reparler.
Je pilote aussi une démarche nouvelle de questionnement des joueurs et des arbitres sur leur perception à la fin des matchs d’élite et de N1. Nous allons confronter les avis en fin de saison pour mettre en place des indicateurs de développement pour améliorer les relations complexes entre joueurs, arbitres et officiels. À terme, on pourra piloter une démarche d’éthique sportive avec ces travaux.
La commission a d’ailleurs remis ses premiers résultats au CNRILH qui les a transmis à la CNARILH. Le débat autour de tout ça laisse cependant apparaître des divergences de fond au niveau de la politique de la CNARILH.
La commission a aussi fourni de l’information brute et continuera à en fournir, à des étudiants prêts à travailler sur le phénomène RILH en France. Je demande simplement que les travaux soient rendus publics afin que nous puissions les intégrer à notre réflexion.
Je pense que la commission est sur le point d’atteindre un de ses objectifs, qui est de mieux comprendre le phénomène RILH.
Pour la première fois depuis la courte histoire du roller hockey, le nombre de licenciés a baissé. Comment expliques-tu cela ?
L’ancrage de notre sport est fragile. Nous avons peu de profils formés dans les clubs pour encadrer le RILH. La volonté de recrutement de publics jeunes n’est pas toujours affichée dans les clubs. Je pense aussi que c’est quelque chose de compliqué et que les outils ne sont pas disponibles. On constate donc une décroissance en jeunesse plus ou moins marquée selon les régions.
Pour réagir, j’ai tenté de mettre en place une démarche de mini-rilh (un roller hockey à 3 contre 3, sans gardien, et destiné aux tous petits) pour le développement de la jeunesse.
Je n’ai pas abouti car je n’ai pas réussi à mobiliser des compétences techniques autour de ce projet. Je me suis sans doute trompé de méthode du fait de mon manque d’expérience sur ces questions à la fois techniques et politiques.
Quelles solutions alors ?
Aujourd’hui, il faut réunir plusieurs forces pour réussir à monter un projet commun de développement :
* La DTN qui regroupe les meilleurs spécialistes pour monter des projets sportifs. La DTN a d’ailleurs donné son accord pour mettre à l’ordre du jour de ses travaux ces sujets de développement. Nous lui fournirons nos chiffres et nos analyses.
* Les comités régionaux qui sont les courroies de transmission des actions nationales. D’une manière générale, il ne peut pas y avoir de politique de développement du sport sans organes décentralisés en France. Il faut donc aller discuter avec les comités régionaux, les mettre en place quand ils n’existent pas, avec une logique de services à mettre en œuvre.
* Les clubs, qui sont en relation directe avec les licenciés et qui sont les seuls à savoir ce qu’est le développement au quotidien. Il faut qu’ils partagent leurs expériences sur ce thème.
* Les élus « politiques » qui ont pour mission d’expliquer qu’il faut se mettre à travailler ensemble pour arriver à impliquer tout le monde pour le développement.
Aujourd’hui, nous allons avoir besoin de nous réunir pour discuter de notre devenir commun. Il faut que chacun prépare ses arguments, que nous nous remettions à débattre, que nous nous fixions des objectifs, que chacun soit prêt à prendre ses responsabilités bref… il faut remettre à l’ordre du jour cette idée d’assises qui était notre idée il y a un an.
Un mot pour la fin ?
Je souhaite une excellente saison sportive à tous les joueurs, arbitres et bénévoles du roller hockey.





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