Interview de Gilbert Portier
Publié le Dimanche 30 juillet 2006 à 1:25 par Fabien
Gilbert Portier, Vice Président du Comité International, Président du Comité Européen et ancien président du Comité National réponds aux questions de la rédaction à propos de sa démission, le Coupe d’Europe et le Mondial 2006 …
Vous avez démissioné du Comité National en mars dernier lors de l’Assemblée Générale, pouvez-vous nous expliquer votre décision ?
Mon rapport moral n’ayant pas recueilli l’approbation des participants et représentés à l’AG je n’avais aucune raison de continuer la présidence. Je rappelle qu’en mars 2005 lors de l’AG élective je ne désirais pas présider le nouveau Comité National. En l’absence d’un autre candidat, j’ai décidé de briguer à nouveau la présidence car il y avait les championnats du monde en juillet.
La regrettez-vous aujourd’hui ?
Regretter ma démission ? Pas du tout. J’avais prémédité cette solution me doutant que le rapport moral, qui comportait des projets d’avenir, ne serait pas écouté. Dommage que ceux qui cherchaient des boucs émissaires pour stigmatiser l’échec financier du mondial ne se soient pas investis plus tôt.
Avez-vous pensé à un moment que tout le comité vous suivrait dans votre démarche ?
Non, je n’ai pas dit que je démissionnais du comité mais de la présidence. Je pensais pouvoir amener encore quelque chose au niveau national sous la présidence de Didier LEFEBVRE ou de Gérard DESROCHES. Je les avais d’ailleurs sollicité en 2005 pour assurer la présidence du comité. Lorsque le comité National a démissionné en bloc j’ai été surpris mais j’ai pensé tout de suite que cette action permettrait de tourner la page. Avoir à élire un nouveau comité était la meilleure solution pour supprimer les luttes stériles.
Quels sont maintenant vos nouveaux objectifs dans le Roller Hockey ?
Je n’ai pas de nouveaux objectifs, mon but reste le développement de notre discipline. Par contre, j’ai de nouveaux axes de travail. N’étant plus actif au plan national, je serai plus investi au plan Européen et International. Il y a un grand chantier à traiter pour amener les pays d’Europe à considérer le In Line Hockey comme un sport à part entière. Ce ne sera pas facile, y compris avec les instances internationales du Roller.
Comment et où se déroulera la prochaine Coupe d’Europe des clubs champions ?
Ce sera la même formule qu’en 2005 avec des tournois de qualification les 20, 21 et 22 octobre. La prévision est de 4 tournois à 5 équipes.
- en Italie, mais je n’ai encore aucune certitude
- en France, au lac de Bairon organisé par Rethel
- en Espagne, à Majorque organisé par la Fédération des Baléares
- en Allemagne, à Assenheim organisé par le club local
La finale aura lieu les 1er, 2 et 3 décembre. Pour l’instant je n’ai qu’une candidature celle d’Anglet dans une salle de la ville avec 2000 places et en principe le terrain du comité. La décision définitive n’est pas encore prise mais l’avantage d’Anglet est qu’ils sont prêt à organiser même s’ils ne se qualifient pas pour cette finale.
Quelle est votre position par rapport aux renforts que certaines équipes utilisent uniquement pour la finale de la Coupe d’Europe ?
Vous parlez d’Asiago, c’est les seuls qui ont utilisé cette astuce la saison dernière. Ils nous ont montré des licences en règles de la Fédération Italienne. Aucun règlement de transfert n’existait pour la discipline. Mais cette année ce ne sera pas possible car nous appliquerons le règlement du Rink Hockey, l’obtention d’un pass international pour les joueurs étrangers au pays concernés. De plus, il ne pourra y avoir que deux étrangers par rencontre.
Pourquoi est-ce que le Comité International a-t-il voulu changer la formule des Championnats du Monde ?
A la demande d’une majorité de nations faibles et de quelques nations fortes qui estimaient inintéressant des rencontres à sens unique.
Après un premier essais à Detroit, cette formule s’avère-t-elle satisfaisante ?
Si une formule parfaite existait cela se saurait. Le problème du In Line Hockey c’est que l’on est pas sûr que les huit premiers viendront au Mondial de l’année d’après d’où l’impossibilité de faire un mondial A et un mondial B. D’autre part, pour que la formule soit intéressante pour les nations faibles il faut d’avantage d’équipes, seize est un minimum. Alors nous verrons en 2007 à Bilbao si cette formule sera pérennisée ou abandonnée.
Le mondial de Detroit vient de se terminer, qu’avez-vous pensé de l’organisation ?
Les terrains étaient très bien mais les joueurs ont détesté l’absence de lieux pour stocker les équipements. L’organisation était inexistante. Par exemple les cages de Roller sont arrivés sur le terrain 10 minutes après l’heure officielle du début de la première rencontre après avoir fait 1000 km dans la nuit. En fait, ce Mondial devait se faire en Italie et le Président du CIRILH George PICKARD a un peu forcé la main des américains pour accueillir les championnats du Monde. On a bien vu que ce n’était pas une volonté. De plus, au niveau des feuilles de match et du site Internet, nous ne pouvons pas dire que cela a été une réussite. Si nous avions eu cela en France en 2005 les allumés accros des forums auraient parlé de désastre.
L’arbitrage international a-t-il évolué cette année ?
Bien avant de faire partie du Comité International j’essayais de faire pression pour que l’arbitrage soit conforme aux règles du In Line Hockey. Mais le In Line Hockey Nord Américain n’a rien à voir avec celui que l’on voudrait en France. Je dis bien en France car les Tchèques, les Suisses, les Anglais, les Allemands ont une majeure partie de leurs joueurs qui sont encore des joueurs de glace. Les débordements télévisés des World Games en 2005 et les incidents qui se produisent régulièrement sur les matches Canada - USA m’ont servi pour intensifier mon discours au sein du comité international et exiger plus de rigueur arbitrale. Le message commence à passer au niveau des arbitres mais il n’est pas compris par les joueurs Nord Américains. A la suite des sanctions que nous avons prises contre deux joueuses lors de la finale femme Canada - USA, il y a une grosse campagne dans les médias canadiens, et bien sur appel de nos décisions. L’avenir nous dira si la tendance Nord Américaine pourra être maîtrisée.
Un mot pour la fin ?
Et bien ce sera en félicitant nos deux équipes nationales, puis en soulignant “l’exception française”, c’est vrai que nous représentons probablement ce qui devrait exister dans les autres pays pour que notre discipline devienne majeure. Comme il nous est impossible d’imposer aux autres cette vision du développement, il nous faut le démontrer avec certitude et sans suffisance.





Participez à la discussion
Vous devez être connecté pour publier un commentaire.