Interview de Nicolas Belloir
Publié le Lundi 27 mars 2006 à 1:22 par Fabien
La rédaction de Roller Hockey France a décidé suite à l’Assemblée Générale d’Aurillac d’interviewer Nicolas Belloir, que nous remercions, actuel Président de la Fédération Française de Roller Skating (FFRS).
Bonjour Nicolas Belloir, pouvez-vous vous présenter pour les licenciés du RILH qui ne vous connaissent pas encore ?
Mon engagement dans le roller remonte à 1989 où je me suis impliqué dans mon club – l’ASPTT St-Malo – auprès des plus jeunes dans la discipline artistique. Les besoins à couvrir étaient nombreux et au fil des années nous avons étoffé les disciplines du club avec la course, la randonnée et un timide essai avec l’acrobatique. Je me suis vite rendu compte qu’il fallait s’investir au delà du club si l’on voulait davantage se développer et se structurer. Classiquement, j’ai pris des responsabilités auprès du comité départemental, puis la Ligue et enfin la Fédération où j’ai été élu secrétaire général en 2001. La suite vous la connaissez.
Vous êtes licencié à la FFRS depuis les années 90, vous avez donc vu le Roller In Line Hockey naître et se développer jusqu’à devenir le sport qu’il est aujourd’hui. Que vous inspire un coup d’œil dans le rétroviseur ?
La structuration de la Fédération a profondément changé depuis 15 ans grâce notamment à deux disciplines, la randonnée en loisir, et le RILH en pratique compétitive. Ces évolutions ne sont pas sans conséquence pour la Fédération et les disciplines concernées. Gérer cette forte croissance est un travail difficile et permanent, et pour le RILH, il faut saluer le travail de Philippe GOUDY et ensuite de Gilbert PORTIER. Tous deux ont permis ont RILH de grandir en lui offrant un cadre de développement cohérent.
Vous venez de conduire votre première Assemblée Générale en tant que Président de la FFRS, êtes-vous satisfait de l’année qui vient de s’écouler d’un point de vue global ?
Effectivement, l’ensemble du Conseil d’Administration est satisfait de cette année. Pas de révolution, mais une évolution marquée. Nous avons voulu initier un état d’esprit différent en travaillant avec tout le monde à commencer avec les clubs, les comités départementaux et les ligues. Nous savons que le développement passe par des actions de terrains, et, les structures déconcentrées sont les plus à même de le faire avec l’accompagnement et le soutien de la Fédération.
Par ailleurs, la Fédération a pu s’illustrer par ses résultats sportifs dans des disciplines ou catégories nouvelles, ses résultats sont très prometteurs. La Fédération a également obtenu le 1er prix du concours « Femmes et Sport » qui nous a permis de communiquer davantage auprès des pouvoirs publics. Les retombées ont été nombreuses et je crois que ce n’est pas fini…
Vous avez été élu Président de la FFRS au même moment que le CNRILH. Une année pleine d’espoir pour cette jeune discipline qui s’est soldée le week-end dernier par une démission en bloc de ses dirigeants. Pouvez-vous nous donner votre avis sur ce qui parait comme un échec ? Peut-on dire que le RILH est en crise ?
Le CNRILH avait axé toute sa politique sur les Championnats du Monde. Le pari était risqué mais d’un point de vue sportif il a été gagné. En revanche, la gestion erratique des Championnats du Monde – pas toujours de la faute des organisateurs – a pesée lourdement dans le résultat final. Les dirigeants ont dépensé toute leur énergie dans cette organisation au détriment peut-être de la gestion quotidienne du CNRILH. La décision sur la N3 en est une illustration. Pris par le temps les dirigeants ont pris la décision, sans consulter les clubs, qui leur semblait la plus appropriée. On a vu le résultat à Aurillac.
C’est pourquoi, je ne pense pas que le RILH est en crise, il traverse une zone de turbulence (Gilbert appréciera) liée à son fort développement des dernières années. Le RILH doit désormais repartir sur des bases renouvelées en s’appuyant sur les attentes des clubs. Le CNRILH a évolué mais parallèlement les clubs ont su également se développer, dés lors il est légitime que les attentes soient plus nombreuses et exigeantes. On ne gère pas une discipline à 6000 licenciés comme à 12000, cette donnée doit être bien intégrée par le CNRILH.
Pensez-vous que la FFRS a rempli son rôle dans l’organisation des Championnats du Monde ?
La Fédération a rempli beaucoup plus qu’elle ne devait le faire son rôle à l’égard d’un comité d’organisation complètement distinct de la Fédération. Avant les Championnats nous avons été très peu sollicité, c’est logique compte tenu qu’il s’agissait d’une association (COCORILH) qui était en charge de l’organisation. En revanche, après les Championnats, les organisateurs ont vite mesuré les difficultés et se sont retournés vers la Fédération pour obtenir de l’aide. Ce schéma n’est pas satisfaisant, désormais une convention de délégation viendra préciser les relations entre un organisateur d’une compétition internationale et la Fédération. Cette modification a été introduite dans le règlement intérieur lors de la dernière Assemblée Générale.
Avez-vous des informations concernant le déroulement de la prochaine assemblée ?
Cette assemblée générale doit rassembler le maximum de personnes. Il est donc fort probable qu’elle se déroule sur Paris pour permettre à chacun de se mobiliser et de se rendre facilement à cette assemblée générale élective. L’urgence de la situation nous conduirait à reporter le Conseil d’Administration de la Fédération le 6 mai prochain pour y tenir l’Assemblée élective. Nous sommes à la recherche de la meilleure solution.
Après ce coup d’arrêt pour le RILH et en tant que Président de la FFRS, sur quels points importants de développement aimeriez-vous voir le nouveau comité travailler ?
Je n’ai pas à orienter le prochain CNRILH. La Fédération a défini des orientations générales pour les 4 ans à venir je demanderai simplement au nouveau comité d’inscrire leur politique de développement dans ce cadre là.
Suite à votre élection, l’an dernier, vous aviez déclaré à nos confrères de Rollerenligne.com que la FFRS souffrait encore de carence au point de vue de la communication. Quels sont les projets de la fédération à ce niveau ?
La communication est un secteur très difficile pour nous. Faire passer un message commun et cohérent pour 7 disciplines est vraiment ardu. Aujourd’hui, nous tentons avec le magazine RollerSkate, le nouveau site internet et des outils de communication dédiés de promouvoir le roller et le skateboard auprès du grand public et des médias.
A mon sens, il serait aussi déterminant de structurer ce secteur d’intervention au sein de la Fédération soit en externe en prenant une agence de communication soit en interne par un recrutement car nous avons souvent eu à la Fédération des expériences malheureuses. Comme le travail associatif est particulier puisqu’il repose sur des élus bénévoles, il serait nécessaire à mon avis de procéder à un recrutement pour avoir un tandem elu/salarié capable de suivre et dynamiser l’image de la Fédération et de ses disciplines. Ce serait un premier pas indispensable également pour tenter d’obtenir des partenariats, à ce jour presque inexistants.
Enfin, avez-vous un message à faire passer à tous les Internautes de Roller Hockey France et plus généralement aux roller-hockeyeurs ?
Ne vous demandez pas ce que le CNRILH peut vous apporter, mais ce que vous vous pouvez lui apporter.




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