Une journée d’enfer

Ce titre parlant vous évoque sûrement quelque peu, le célèbre film joué par un grand acteur d’Hollywood, mais il en est rien. Il résume le récit d’un spectateur qui a suivit le match infernal Amiens – Rethel, ce samedi 4 octobre 2003.

20h10, j’arrive aux abords du gymnase riche en lumière, la rencontre semble déjà débutée ; on entend les résonnements de crosse tapant sur le parquet, un affrontement vif d’ombres fuyantes pour la récupération du « puck ». J’entre puis je me dirige sur le balcon qui surplombe l’aire de jeu, toutes les places sont occupées par des spectateurs compressés entre deux épaules. Le score est à cet instant de 2 à 0 en faveur de l’équipe visiteuse. Les diables rethelois animent le début de période mais se font prendre en contre par les Ecureuils. Chaque tir, chaque arrêt est applaudi par les tribunes. De jeunes licenciés s’improvisent garçons de tambour, dont l’écho grinçant se mêle aux commentaires de mes voisins.

La salle explose, les Amiénois égalisent sur deux supériorités, par Marc Dheilly. Celui-ci est acclamé comme il se doit, une ovation lui est même offerte tant ses buts sont importants. Le match reprend alors du piquant et on ne s’en plaint pas.

Commence alors le rouleau compresseur ardennais avec à ses commandes Lexcellent en l’absence de William Richard. On peut alors se dire que ce nom qu’il porte si bien sur ses omoplates lui va comme un gant. Trois, quatre puis cinq buts à deux. Pour ajouter à cela, les frères Clisson jusqu’alors transparents animent le match à leur avantage et récitent la messe avant l’heure. On assiste à une exhibition technique tant les gestes réalisés sont beaux à voir. Le portier Terry Lefanc réalise également des prouesses comme dernier défenseur. La clé du match, vu le nombre de fois qu’il fut sollicité.

Un bruit sourd … c’est enfin la mi-temps. Les arbitres récupèrent le palet qui ne donne plus aucun signe d’intérêt, les joueurs s’en vont s’isoler dans les vestiaires. On peut ouïr les impressions de chacun, ou les attentes des autres. Quoiqu’il en soit, ce fut un bon avant goût de la suite du match.

Une seconde période à l’image de la première, enfin, pas tout a fait. Elle était unilatérale ; les Rethélois assommèrent les Picards à coup de buts lointains, qui filaient immanquablement dans des filets tremblants. Plus d’écart de conduite, moins de déchets et toujours plus de jeu. Seul regret, une inefficacité marquante durant les supériorités numériques, grande spécialité jusqu’ici. Des réponses trop timides en face, des individualités qui ne fonctionnent pas pour le collectif.

Des remarques pleuvent autour de moi, on ne sait plus si les locaux méritent d’être applaudis tant l’exploit, il y a une poignet de secondes de cela, semblait possible.

Finalement, le résultat sera démonstratif et énonciateur de la prédominance des maillots foncés. L’issue semblait prévisible mais les deux formations ont offert un bon spectacle. L’expérience prime sur la jeunesse et peut-être que dans quelques printemps, les premiers seront les derniers.

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